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ENTREPRENDRE

Quand l’égo nous empêche de changer

 

 
 
 

Entreprendre entraîne inévitablement la peur de l’inconnu. Comme tout projet qui exige de sortir de sa zone de confort et de remettre en question bien plus que sa façon de travailler mais aussi tout son cadre de vie, entreprendre est un cheminement qui ne fait pas l’économie de la peur. Pourtant 80% de nos peurs en général ne correspond à aucune réalité (voir notre article récent à ce sujet). Cependant le savoir n’éloigne pas pour autant l’inconnu et donc l’imaginaire qui s’associe à cet inconnu. L’invité du Journal d’une Optimiste, Thierry Claudon, coach, conférencier et auteur d’un ouvrage intitulé “Le manager ego logic” aux éditions Kawa, nous explique pourquoi notre égo s’alimente de nos peurs et nous empêche de nous adapter, mais surtout comment contourner cette difficulté.

Vous rêvez de vous lancer dans un projet entrepreneurial ou les événements vous poussent à vous pencher sur la question ? Pourtant un sentiment diffus et fort désagréable vous tenaille : la peur. C’est un sentiment dont aucun entrepreneur ne fait l’économie mais alors comment font ceux qui le dépassent ? Quelles sont leurs recettes, leurs bottes secrètes, leurs mantras pour vaincre là où vous échouez ? Ils ne s’identifient pas à leur égo.

 

L’ego empêche de prendre des risques

Thierry Claudon, lui même entrepreneur, nous parle de cet ego qui prend tant de place au point de nous empêcher d’entendre l’appel de l’inconnu et la poussée de vie qui veulent à l’inverse, nous entraîner à nous dépasser et à utiliser nos talents. Dans son ouvrage qui s’adresse aux managers, vous pouvez retrouver toutes les clés qui permettent à un créateur d’entreprise ou aux porteurs de projets, de dompter leur égo pour repousser les limites de l’inconnu et laisser libre cours à leur créativité et à leurs capacités d’adaptation.
 

La peur, écrit Thierry Claudon, est la plus présente de nos émotions dans nos vies. « Nous avons gardé les traces de ce mécanisme réflexe qui date de l’époque de la Préhistoire (…). Nous sommes ainsi dotés de capteurs hyper sensibles dans ce domaine et tout ce qui est relatif aux dangers, qu’ils soient réels ou imaginaires, bénéficie de la priorité numéro 1 en termes de traitement de l’information [de notre cerveau] », exprime-t-il dans son ouvrage.

Mais Thierry Claudon va encore plus loin en expliquant le lien entre l’ego et la peur. L’ego se nourrit de nos peurs qui viennent à leur tour nourrir notre ego, c’est à dire une idée de ce que nous sommes en termes de croyances, de mental et d’émotions. Plus nous avons peur, plus nous nous réconfortons à partir de ces images que nous nous sommes forgées de nous-même. Ainsi si nos peurs viennent à disparaître, nous disparaissons aussi à nos yeux. Notre ego n’y résiste pas. Alors comment faire pour sortir de ce cercle infernal et réaliser nos projets ?

Gérer la peur de l'inconnu pour entreprendre

Nous sommes bien plus que la somme de nos peurs. L’entrepreneuriat nous aide bien vite à découvrir nos véritables potentiels au delà d’un égo qui pourrait se contenter toute la vie d’additionner sans imagination nos défauts et nos qualités.

Apprendre à faire de notre mieux d’abord et avant toute chose

La recette nous explique Thierry Claudon n’est certainement pas de se changer ou de changer notre identité. Nous devons avant tout apprendre à mieux nous connaître et notamment accepter nos parts d’ombre. Cette démarche nous aide à accepter une image non pas parfaite de nous même (chose que l’égo a tendance a maintenir en nous) mais à vivre avec nos forces et nos faiblesses, sans chercher à faire disparaître tous nos problèmes et toutes nos peurs. Dit autrement, nous acceptons alors ce que nous sommes et de faire tout simplement de notre mieux.

Dans son ouvrage, Thierry Claudon nous propose encore une seconde solution pour désarmorçer le pouvoir de notre égo sur nos peurs. Il préconise une forme de détachement, qui selon son expression revient à “se définir en creux”. Ainsi au lieu de se définir par rapport à notre métier ou à notre entreprise, nous cherchons à nous définir de façon plus large. C’est particulièrement utile dans le cas d’un projet entrepreneurial. Par exemple nous allons réfléchir en termes de contributions : à quoi voulons-nous contribuer ? En quoi nos talents nous donnent-ils les moyens de proposer une version différente d’un produit ou d’un service ? Quelles sont les autres passions qui nous poussent à exprimer notre manière d’être et de penser, pour impacter notre façon de travailler autrement ou pour impacter le monde qui nous entoure ? etc.

La démarche n’est pas aisée mais elle n’est pas impossible car le désir est un sentiment qui a la puissance de nous aider à aller bien au delà de ce que l’on admet couramment de nous-même . Comme nous le rappelle Thierry Claudon et toute la pensée systémique avant lui, “nous sommes bien plus que la somme de nos qualités et de nos défauts” et l’entrepreneuriat est certainement un format de travail et de contribution sociale qui nous le fait bien vite découvrir. A condition, rappelle encore l’auteur, de savoir faire aussi le vide au fond de nous : le silence mental, comme il l’écrit dans son ouvrage. Il nous offre quelques secondes extraordinaires de ce silence au cours de l’interview que vous pouvez découvrir à la fin de cet article.

dépasser la peur de l'inconnu pour entreprendre

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Comment dépasser la peur de l’inconnu

Lorsqu’on parle d’entrepreneuriat, l’inconnu fait apparaître différentes peurs  : peur d’être incompétent, de prendre ses rêves pour la réalité, de ne pas être reconnu sur le marché, de déplaire, de faire des activités inconnues. Mais elles masquent en définitive deux peurs principales, celle de l’humiliation en cas d’échec et celle de la précarité. Pour pallier à ces deux peurs principales, il est indispensable d’admettre qu’entreprendre est une transition de vie et qu’elle nécessite avant tout un temps d’adaptation pour dompter nos peurs comme pour changer d’état d’esprit.

Car lorsque l’on parle de transition, on parle au moins de trois étapes :

  • Première étape, prendre sa décision et se lancer dans l’inconnu  (c’est l’époque de la décision mais la décision n’est pas la transition).
  • Deuxième étape : résister au centre du cycle de transition, c’est-à-dire au moment le plus délicat où l’on a désappris ses réflexes conditionnés mais où l’on ne maîtrise pas encore les nouveaux réflexes à avoir.
  • Troisième étape : changer définitivement de mode opératoire et de style de vie, ce qui entraîne de laisser derrière soi un certain nombre de choses.

Ces étapes nécessitent beaucoup d’adaptation et présentent des dangers à la fois énergétiques et psychiques. Pour les dépasser, il est nécessaire de respecter plusieurs points :

  • se donner du temps (au moins trois ans) pour progresser pas à pas et en renonçant à certains modes opératoires devenus “obsolètes” par rapport à notre projet
  • vérifier ses hypothèses en passant à l’action et en réajustant sans cesse nos décisions
  • apprendre à anticiper pour tout et sur tout, sans que cela devient anxiogène pour autant
  • avoir le réflexe systématique de la prévision pour savoir ce que l’on cherche à atteindre et éviter de se comparer aux autres ou à la concurrence.

Peu importe qu’il soit nécessaire de réajuster les choses : c’est même inévitable au départ de l’entrepreneuriat. Presque personne n’a une idée de génie au démarrage. La plupart des porteurs de projets avancent en améliorant des produits ou des services déjà existants et réajustent leurs idées à la réalité de leurs premiers clients et de la demande du marché. Mais le plus important est de créer un processus continu d’apprentissage et de réévaluation de son projet.

L'envie

A SAVOIR

Plusieurs mesures favorisent ce processus en continu et permettent de diminuer la peur de l’inconnu.

  • se former
  • développer une plus grande conscience des signaux corporels car ils renvoient à la possibilité d’établir un dialogue intérieur avec nos peurs et donc de les remettre à leur juste place
  • apprendre à faire le vide de temps en temps dans sa tête
  • s’entourer de quelques personnes de confiance
  • sortir dans des réseaux, des événements, des forums pour éviter l’isolement
  • s’intéresser à des sujets qui a priori ne sont pas dans notre périmètre d’intérêt pour sortir des sentiers battus
  • et bouger, s’aérer, voyager si on le peut pour éliminer les tensions et ouvrir notre esprit.

Tout cela aide considérablement à élargir nos horizons et à nous faire prendre conscience des possibilités qui s’offrent à nous dans le développement de nos projets.

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Si vous avez déjà créer votre entreprise,  comment avez-vous repousser la peur de l’inconnu ?

Si vous êtes confronté à ces peurs aujourd’hui, quel est le pire scénario qui vous vient en tête ?

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l'entrepreneuriat la voie sacrée
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