Autre regard

De l'Art d'Entrependre

Auteure

Isabelle CHAM
Business Mentor & Coach
Fondatrice de l’Académie
mon Odyssée Entreprendre©
@monodyssee

Nous avons déjà évoqué dans ce journal les nombreux défis qui nous attendent au virage de ce début du XXIe siècle. Les mutations que nous connaissons ne sont cependant pas que technologiques ou scientifiques. Elles impactent aussi notre vie en société, notre conception du monde et de l’espace qui environne notre monde, la spiritualité, la philosophie… et bien entendu l’art, c’est-à-dire nos représentations du monde et de notre intériorité à travers l’esthétique. Alors cette semaine je suis allée à la rencontre d’un artiste particulier. Pascal Pilate est un ostéopathe, un entrepreneur, un artiste, un auteur… qui a d’abord choisi de vivre en fonction de ce qui le fait vibrer. Son fil rouge intérieur le conduit de l’énergie du corps à celle de la transmission, de la matière, de la beauté, du partage… en somme, au principe de vie qui n’en finit pas de s’étirer dans l’Art de penser sa vie en mode “pluriels”.

Nous n’avons pas à choisir

Ce que j’aime particulièrement lorsque je plonge mon regard dans les œuvres de Pascal Pilate, c’est que l’artiste ne m’impose rien à travers son art. J’y trouve ce que je recherche sur l’instant et cela nous donne l’occasion de parler de nos métiers, de nos approches humaines, de ce que nous défendons chacun, de ce que nous voulons voir évoluer… J’admire sa grande liberté à explorer des techniques et des matières dans lesquelles il met tout son art pour faire coexister la simplicité et l’exception. La base de ses toiles (généralement de grands formats) est une sorte de glacis travaillé au hasard des mouvements qu’il obtient en saupoudrant des matières ordinaires (sables, poudre de marbre, pierres pillées…). Puis il applique des papiers brulés, des fragments d’objets, des feuilles d’or, et maintenant des pierres précieuses. Le tout pourrait sembler facile à reproduire techniquement, sauf que la signature de l’artiste est là.

Ostéopathe de formation et de métier, Pascal Pilate met tout son sens de l’énergie dans l’Art de créer une autre vision du vivant. Inventeur de la méthode OstéopratikIl, il co-développe pendant plusieurs années une école d’ostéopathie, tout en pratiquant dans son cabinet et en publiant plusieurs ouvrages sur le sujet. L’Art n’est pas qu’un passe temps pour lui durant toutes ces années. Il s’essaye à tout : plusieurs techniques picturales, la création d’objets, de sculptures, de photos, de montages, de mobiliers… et il expose. De cette longue recherche artistique, naissent plusieurs périodes marquées par de grands thèmes : la période verte, la période rose et noir, la période “or”. Cette odyssée n’est pas qu’un voyage au cœur des possibles artistiques. Elle souligne surtout ses interrogations sur le monde, l’existence, les hommes, le bonheur, tout en ouvrant des portes, sans rien imposer au regard. Du travail de Pascal Pilate et de la manière de mener son existence, j’aime à retenir qu’il est possible de trouver de la cohérence dans tous “nos pluriels“, selon l’expression de l’artiste.

De l'art d'entreprendre sa vie

Devenir entrepreneur c’est aussi rechercher une nouvelle esthétique de sa vie et de ses relations avec les autres.

Nous avons le droit de nous tromper

L’Art d’entreprendre sa vie, à l’image que donne Pascal Pilate, ce n’est pas tout réussir du premier coup. Justement, parmi les questions que j’ai voulu lui poser, il y a celle qui m’intéresse particulièrement : “comment mettre de la beauté sur le chemin ?”. Pour entreprendre tout ce que l’on désire dans une vie (pas seulement devenir entrepreneur mais aussi et avant tout, devenir entrepreneur de sa réalité professionnelle et personnelle), il faut admettre dès le départ de pouvoir se tromper. Mais comment admet-on cette possibilité, nous qui nous lançons si souvent dans la bataille avant tout pour réussir ? Nous pouvons l’admettre tant que nous réalisons que le but que nous poursuivons, n’a pas tellement d’importance au regard du chemin que nous parcourons. Pascal Pilate lui même, ne sait pas à quoi va ressembler son œuvre en la commençant. Il se lance à corps dans sa production, laisse faire l’instant et le geste, crée quelques vibrations pour creuser la matière et laisse l’œuvre naître par rapport à l’équilibre ou l’harmonie qui s’installe, mais qui est propre à l’œuvre, pas à l’artiste.

Regarder travailler l’artiste (voir la vidéo), c’est comprendre que nos efforts doivent être conduits par la même philosophie du geste : agir tranquillement, tandis que notre œuvre  s’éveille à elle-même. Si vous avez les compétences, les talents et le désir réunis, alors n’ayez pas peur de vous tromper. En agissant, en cherchant, en vous trompant de route, vous trouverez la bonne. Tout est là dans l’Art d’entreprendre sa vie, avec une vision, une énergie, un vouloir mais aussi en accueillant la beauté du chemin, c’est-à-dire que chaque expérience nous aide à trouver la voie mais nous aide aussi à partager notre humanité.

De l'art d'entreprendre sa vie

Flèche animée

faire la différence

Nous avons le devoir de tenter ce qui nous appelle

Entreprendre passe d’abord par entreprendre sa vie. Au cœur de l’entrepreneuriat réside une idée de sa vie. Une idée qui s’affranchit d’un certain nombre de pensées limitantes, comme “je n’y arriverai jamais”, “je ne suis pas fait pour cela”, “il faut des talents que je n’ai pas”, ‘il faut se rendre à l’évidence….”. Entreprendre passe par une transition plus ou moins longue, qui doit s’opérer au fond de nous, entre le moment de la décision et le moment où l’on acquiert définitivement la posture. Pascal Pilate à qui je pose la question : “comment faites-vous pour articuler vos différentes vies” ou encore “quelles émotions ressentez-vous lorsque vous savez qu’une voie est la bonne pour vous ?“, répond avec simplicité : “lorsque c’est juste !“. Lorsque les choses se mettent en place, les unes après les autres, et qu’elles nous amènent à agir et à trouver un sens à nos décisions.

La recette est-elle dans ce lâcher prise si nécessaire à un artiste comme Pascal Pilate ? Certainement et en partie. L’autre partie réside dans la vision. La vision de soi d’abord. Non plus une vision centrée sur son CV ou sa fonction ou sa position sociale. Mais une vision ouverte, en devenir, en marche, habitée par un désir profond d’accomplir quelque chose de plus “hétérogène” que l’image que l’on veut véhiculer de nous-même. Nous parlions avec Thierry Claudon dans un précédent article, de quitter des postures d’égo pour pouvoir dépasser nos peurs, surtout la peur d’entreprendre. Mais il s’agit aussi d’écouter ce désir profond en nous, d’être un plus que nous-même à l’avenir, c’est-à-dire un être vivant, agissant, se perfectionnant, mais jamais plus enfermé dans un rôle, se collant des étiquettes ou s’empêchant d’explorer des possibles. Entreprendre, à l’image des choix de vie dont Pascal Pilate en est l’éloge, est un mode de vie ouvert sur un horizon infini. C’est ce qui en fait la beauté et qui rend les obstacles souvent bien moins pesants que la promesse de vivre à plein régime.

De l'art d'entreprendre sa vie

Nous avons la vie pour entreprendre et dépasser l’idée de ce que nous croyons être

Nos sociétés occidentales, qui ont pourtant un niveau de connaissances élevé aujourd’hui, continuent de développer la phobie du changement. Plus les sociétés s’enrichissent d’une façon générale plus les populations tendent à avoir peur de tout ce qui pourrait remettre en question leur confort et leurs certitudes. Cependant, demandez à toutes les espèces vivantes de la terre : si elles ne s’adaptent pas, elles meurent. La vie est sans surprise de ce côté là. Faute d’avancer et d’accepter le déséquilibre de la marche, la vie s’éteint, petit à petit, de manière irréversible. Aujourd’hui tout le monde vous parle de “crise”. Mais nous ne vivons pas une crise. Si nous pouvions parler de crise, nous pourrions parler de changement à un autre niveau. Mais nous sommes bien au-delà dans un véritable changement de cap universel. Les crises ne sont pas le véritable danger qui nous guette.  Il s’agirait plutôt de nous endormir, comme nous l’avons illustrer dans un précédent article : L’entrepreneuriat la “voie sacrée”.

Pour éviter d’en arriver là, nous devons entre autre tous essayer de réinventer une nouvelle esthétique de la vie et de la vie en société. Des artistes comme Pascal Pilate nous offrent des chances de nous poser des questions sur l’énergie que nous voulons mettre à rechercher un monde qui réveille et embellit les valeurs profondes auxquelles nous croyons chacun et en collectivité. C’est en cherchant chacun en nous ce qu’il y a d’original que nous parviendrons petit à petit à entreprendre le XXIe siècle avec toutes les promesses et les opportunités qu’il nous apporte. Mais nous devons pour cela explorer tous nos “pluriels”, chacun et ensemble. Entreprendre, créer, innover, ne sont pas seulement des options pour les années à venir. Ce sont de véritables voies d’avenir.

Singature black

De l'art d'entreprendre sa vie

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l'entrepreneuriat la voie sacrée
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