Du travail à la contribution

Du travail à la contribution

Geneviève Boucher futurologie

REGARD SUR DEMAIN

A l’avenir je ne travaille plus : je contribue !

 

Vous vous demandez à quoi va ressembler votre travail ou votre métier d’ici quelques années ? Nous sommes des millions dans ce cas. Les mutations actuelles qui sont à l’œuvre se produisent parce que pour la première fois de l’humanité, des technologies conjuguées entre elles donnent naissance à des applications et des possibilités qui ne se sont jamais produites auparavant. Tous les métiers ou presque sont concernés à terme. Le terme étant à minima d’ici dix ans, au maximum d’ici vingt cinq ans.

Vous êtes salarié, entrepreneur, employeur, ces questions ne peuvent pas vous laisser indifférents. hormis les questions de précarité, chacun est en droit de se demander aujourd’hui quelle est la valeur future de son métier et de sa fonction dans l’organisation sociale. Si le travail va progressivement changer de visage, la question que vous devez légitimement vous poser est : “comment faire pour vivre mais aussi avoir ma place dans la société, puisque le pacte social repose sur le travail actuellement”.

C’est la question que pose Geneviève Bouché que vous avez découverte dans la précédente interview : “changeons de civilisation“, titre éponyme de son ouvrage paru en 2015 aux éditions Kawa. Geneviève Bouché incante non seulement les institutions à ne pas résister contre le changement qui s’opère avec les mutations actuelles (technologiques, énergétiques et sociales, précise-t-elle) mais elle nous invite aussi à repenser individuellement la notion de travail.

Plus de 30% de la population en âge de contribuer en France, précise-t-elle, n’exerce pas en tant que salarié. Et ce pourcentage n’a aucune raison de baisser : l’évolution économique et marchande du monde, va se faire avec l’idée d’optimiser l’usage des technologies phares de demain, à savoir : le numérique, la robotique et l’Intelligence artificielle. La conséquence de cette mutation va être que les entreprises tendront à diminuer leurs effectifs mais rechercherons de la valeur à l’extérieur pour préserver leurs avantages concurrentiels.

Le salariat n’est pas prêt de mourir mais il est en train

d’ évoluer tout comme l’entrepreneuriat.  Nous devons

devenir créatifs pour inventer les formes de contribution

d’avenir.

Il y a tout lieu de penser donc, que le travail va se transformer rapidement, sous d’autres formes que l’on perçoit d’ores-et-déjà depuis quelques années : entrepreneuriat, auto-entrepreneuriat, artisanat, entrepreneuriat social, start-up technologiques, etc. mais aussi sous une forme contributive : bénévolat ou volontariat.

Et c’est là que Geneviève Bouché apporte un éclairage précieux, en précisant que les sociétés occidentales vont devoir repenser le poids et l’importance de ces activités contributives et du statut des indépendants. La richesse va non seulement venir de ces formes de travail à l’avenir mais ces formes de travail vont devoir être repensées aussi en termes de rémunération et de statut dans la société. Si la notion de “travail” n’est plus au cœur du pacte social, “la contribution” doit en revanche le devenir pour ne pas laisser tout le système social courir au chaos. “L’avenir est aux activités qui créeront l’empathie en société”, précise Geneviève Bouché.

Geneviève Bouché futurologie
Geneviève Boucher futurologie
Geneviève Boucher Futurologie

Qu’est-ce que je devrais dire à l’avenir  : “je travaille”, “je contribue”, “j’entreprends” … ?

Comme dans toutes les sociétés en pleines mutations, on assiste au départ à une forme de plus en plus hybride des anciennes structures qui côtoient progressivement les nouvelles structures, qui elles, tâtonnent, hésitent et finalement se mettent en place.

Dans une vie active à l’avenir, il sera courant d’alterner des périodes de salariat puis d’entrepreneuriat ou même d’intrapreneuriat. Ces alternances ou ces cumulations de mode de travail, favoriseront l’enrichissement personnel et celui de la communauté. Là où les structures professionnelles et sociales de la fin du XXe siècle encourageaient la spécialisation à outrance, notre monde s’ouvre désormais sur des talents bien différents.

Des talents, nous rappelle Geneviève Bouché, qui auront le bénéfice de créer de la valeur empathique. Même dans les métiers du juridique par exemple, explique-t-elle, l’intelligence artificielle et le big data vont permettre d’analyser beaucoup mieux que les professionnels les dossiers et les cas de jurisprudence. Les professionnels du droit auront alors d’avantage un rôle à jouer dans la résolution de conflits (qui repose sur des qualités empathiques certaines) ou dans la prévention de conflits (qui réclame une certaine psychologie humaine).

Aujourd’hui on ne peut que se féliciter de voir l’intrapreneuriat grandir, l’entrepreneuriat changer de visage et le salariat renouveler ses structures pour évoluer. En admettant l’alternance de temps de travail en tant que salarié puis entrepreneur (classique ou ESS), l’Homme occidental du XXIe siècle se dote d’un cerveau et de capacités nouvelles pour affronter les défis d’aujourd’hui. Il se dote surtout, peut être sans le savoir, d’une flexibilité plus grande pour renouveler les fondements sociaux : c’est-à-dire qui sommes-nous si le travail n’est pas le seul fondement de notre place en société ?

 

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Isabelle Cham

 

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Changeons de civilisation

Changeons de civilisation

Geneviève Boucher futurologie
Geneviève Boucher futurologie

REGARD SUR DEMAIN

Changeons de civilisation !

Au cours du mois de septembre, nous aborderons les changements qui se profilent sur les 30 ans en cours, soit d’ici 2025, les évolutions du travail vers plus de contribution et comment trouver le bonheur dans une période qui présente autant de dangers que d’opportunités ? Qui mieux que Geneviève Bouché peut nous parler des mutations actuelles et de leur impact sur notre civilisation. Qui mieux qu’elle peut lancer son appel à l’action : “changeons de civilisation !” ? Économiste (Docteur en Science des organisations -Dauphine), théoricienne des projections économiques, praticienne du management des innovations et de la recomposition du tissu entrepreneurial, Geneviève Boucher est chef d’entreprise, incubateur, auteure, spécialiste du management de l’innovation. Depuis la sortie de son ouvrage en 2015, ses propositions n’ont pas pris une ride. En le lisant, vous aurez toujours autant le sentiment que nous traversons une période sans précédent et que l’on doit agir maintenant. Vous comprendrez que l’action ne doit pas revenir seulement aux politiques, aux États, à l’Europe mais que nous devons tous prendre la mesure du changement et agir aussi au niveau individuel. Son livre est tellement riche de propositions que je n’ai pas pu me résoudre à le résumer à travers une interview de 20 minutes ! Nous étions toutes les deux sur Paris en plein mois d’août à préparer notre rentrée. Nous avons parcouru plusieurs thèmes de son ouvrage, ce qui me vaut le plaisir de vous proposer une trilogie !

La première des qualités à laquelle nous devons

recourir massivement, est la lucidité.

Geneviève Boucher futurologie

Nous devons être d’avantage lucide des changements à l’œuvre pour éviter d’agir en faisant la révolution. Nous devons certes passer par une déconstruction avant de nous reconstruire collectivement. Cela ne peut s’envisager dans le conflit ou le chaos. c’est ce qu’il faut éviter à tout prix. La tâche est loin d’être aisée car nous fonctionnons à partir de croyances issues de notre Histoire, de notre image dans le monde, de nos réflexes conditionnés. Le premier d’entre tous est de penser que notre société repose sur tout ce qui l’a amené à être ce qu’elle est aujourd’hui. Or toutes les mutations n’ont que faire de nos croyances.

Nous pensons fermement et nos dirigeants avec, que notre société occidentale repose sur la création de richesses avant toute chose. Vous avez déjà entendu ce petit refrain : “c’est bien joli tout cela mais il faut garder les pieds sur terre !”. Et de nous expliquer par la même occasion qu’il faut produire toujours plus, consommer davantage pour être heureux, gaspiller en fermant les yeux, voir toujours plus grand en matière de contrôle et spéculer sans se poser de questions sur l’équilibre géopolitique du monde à l’avenir…

Et bien le XXI siècle qui s’ouvre aura certes besoin de produire des richesses mais il aura d’abord à créer une richesse qui correspond aux attentes des contemporains, à savoir : comment rendre le monde meilleur. Comment être heureux ensemble ?

Isabelle Cham

 

Geneviève Boucher futurologie
Geneviève Boucher Futurologie
prospective pour entreprise individuelle

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